Cette carte fait partie d’un ensemble de 12 cartes animées

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La ville sort de ses murs (1850-1948)

Cette carte fait partie d’un ensemble de 12 cartes animées portant sur Jérusalem histoire d’une ville-monde


L’expédition d’Égypte menée par le général Bonaparte en 1798-1799 marque le grand retour des intérêts européens au Proche-Orient. Même si Bonaparte ne se rend pas à Jérusalem lorsqu’il séjourne à Jaffa avec ses troupes, la ville sainte se retrouve peu à peu au centre des nouveaux enjeux géopolitiques.

Occupée par l’Égypte de Muhammad Ali dans les années 1830, Jérusalem voit les consulats européens s’ouvrir les uns après les autres (Grande-Bretagne en 1839, Prusse en 1842, France en 1843, Autriche-Hongrie en 1849, Russie en 1857). Au même moment, l’Empire ottoman lance un grand programme de réformes administratives, les Tanzimat, pour renforcer son contrôle sur ses provinces. En 1872, le canton de Jérusalem, jusqu’ici rattaché à Damas, passe sous le contrôle direct d’Istanbul.

Dynamisée par ce nouveau contexte, la population de Jérusalem passe de 15.000 habitants en 1850 à 70.000 à la veille de la Première Guerre mondiale. Trop à l’étroit à l’intérieur des murailles ottomanes, elle s’étale peu à peu sur les collines alentours. En 1855, le premier quartier hors-les-murs est construit face à la porte de Jaffa à l’initiative du philanthrope juif britannique Moïse Montefiore. Pour symboliser la modernisation qui doit accompagner cette sortie des murailles, un moulin monumental est érigé au beau milieu du quartier de Mishkenot Sha’ananim.

Le désenclavement s’accélère avec la construction de nouvelles routes carrossables, d’abord vers Jaffa à l’ouest en 1867, puis vers Naplouse au nord en 1881, vers Hébron au sud en 1888 et enfin vers Jéricho et la mer Morte à l’est en 1892.

La même année est inaugurée la gare de chemin de fer qui met Jérusalem à 3 heures de la côte méditerranéenne, contre 15h jusqu’alors en voiture à cheval.

Autour de la porte de Jaffa, un véritable quartier d’affaires se développe, autour du nouveau bâtiment municipal inauguré en 1896. Une nouvelle porte est percée à l’angle nord-ouest de la muraille en 1889. Deux ans plus tard, en 1891, l’hôpital municipal ouvre ses portes, et le jardin public l’année suivante. En 1898, à l’occasion de la visite de l’empereur d’Allemagne Guillaume II, la muraille est percée au niveau de la Porte de Jaffa, ce qui renforce encore la connexion entre la vieille ville et les faubourgs de la ville nouvelle. Au même endroit, une grande fontaine publique est inaugurée en 1900 et une tour de l’Horloge monumentale est érigée en 1907.

La Première Guerre mondiale marque une rupture majeure dans l’histoire de Jérusalem. De 1917 à 1948, la ville est occupée par les troupes britanniques dans le cadre d’un Mandat délivré par la Société des Nations. La population, tombée à 45.000 habitants en 1917 à cause des privations et des expulsions, connaît une forte croissance dans les années 1920, du fait d’une immigration juive importante, pour atteindre 150.000 habitants en 1948. Le développement des faubourgs se poursuit notamment vers le sud et vers l’ouest avec les quartiers de Baka, Talbieh, Katamon et Rehavia, ainsi que vers le nord autour de Musrara, Sheikh Jarrah et Wadi Joz. Les autorités interviennent assez peu dans cette urbanisation, se limitant à percer l’avenue King George, premier boulevard circulaire à l’ouest de la Vieille Ville, et à imposer le revêtement de tous les bâtiments publics et privés par la pierre calcaire locale, la fameuse « pierre de Jérusalem ».

Cependant, la montée des tensions entre militants sionistes et nationalistes palestiniens provoquent de nombreuses émeutes, de plus en plus sanglantes, notamment en 1929 devant le Mur des Lamentations.