Cette carte fait partie d’un ensemble de 12 cartes animées

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Jérusalem devient une ville islamique (13e-16e siècles)

Cette carte fait partie d’un ensemble de 12 cartes animées portant sur Jérusalem histoire d’une ville-monde


La prise de Jérusalem par les croisés en 1099 n’avait guère entraîné de réactions. Huit décennies plus tard, sa reconquête mobilise les musulmans. En 1187, Saladin s’empare de la cité et en bannit tous les Francs.

Les monuments du mont du Temple sont débarrassés de toute trace de leur passage et rendus à l’islam.

Les églises intra-muros sont pour la plupart préservées ; le Saint-Sépulcre est rendu aux chrétiens grecs orthodoxes ; l’église Sainte-Anne, édifiée par les Francs, est à l’inverse transformée en madrasa pour l’enseignement des sciences religieuses de l’islam, sans rien changer à son architecture.

Le retour de Jérusalem, sous la Loi de l’Islam, marque enfin le retour des Juifs, autorisés à s’établir dans la cité.

Le seul grand chantier de Saladin à Jérusalem est celui des murailles : elles sont renforcées et étendues pour la première fois au mont Sion. Les fronts ouest et sud sont même intégralement reconstruits au début du XIIIe siècle. Mais, craignant un retour des Francs à l’occasion d’un échange de territoires, les descendants de Saladin se résignent à démanteler ces fortifications qui offriraient à leurs adversaires un refuge inexpugnable. En 1239, c’est la dernière protection de la ville, la citadelle, qui est démantelée.  

Jérusalem est désormais sans défense et subit en 1244 un pillage parmi les plus violents de son histoire, des mains de combattants turcs irréguliers.

L’avènement des Mamelouks, qui prennent le contrôle de Jérusalem en 1261, inaugure une période de paix, de stabilité et de prospérité telle que la ville n’en a plus connu depuis le XIe siècle.

La croissance urbaine fait déborder la ville hors du parcours de ses anciens remparts qui, faute de nécessité, n’ont pas été relevés. Les Mamelouks reconstruisent en revanche la citadelle, symbole de leur pouvoir militaire, qui date dans son état actuel de 1310.

Des quartiers entiers sont redessinés par les investissements de l’aristocratie : le gouverneur de Damas fait ainsi construire le marché des cotonniers, le dote d’un caravansérail et de bains publics et l’orne d’une porte monumentale qui s’ouvre sur l’esplanade des mosquées. L’ancien mont du Temple est désormais réintégré, par des constructions et des voies d’accès nouvelles, à l’espace urbain dont il était resté en partie coupé depuis la refondation de la cité à l’époque romaine.

Plus de la moitié du bâti de la vieille ville d’aujourd’hui date ainsi des XIIIe-XVIe siècles.

Mais le legs des Mamelouks ne réside pas seulement dans le repeuplement et la reconstruction de Jérusalem. Il réside aussi et surtout dans les fondations pieuses monumentales qu’ils ont édifiées le long des axes qui conduisent à l’esplanade des mosquées et sur les abords de celle-ci.

Plus de quatre-vingt institutions religieuses sont ainsi fondées ­: lieux de prière et d’enseignement, hospices pour pèlerins ou pour femmes isolées, mausolées monumentaux…

Ce chiffre est sans commune mesure avec l’importance démographique de Jérusalem (quinze mille habitants tout au plus à l’apogée du XIVe siècle). Il dit en revanche le prestige acquis par la Ville sainte dans la religion musulmane depuis sa reconquête sur les croisés