Cette carte fait partie d’un ensemble de 28 cartes animées

Voir série : L'Europe et les Nations 1815-1914

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L’indépendance des peuples balkaniques

Cette carte fait partie d’un ensemble de 28 cartes animées portant sur L'Europe et les Nations 1815-1914


L’Empire ottoman connaît, depuis le siècle précédent, une longue période d’affaiblissement, mais le jeu des puissances européennes a longtemps neutralisé la volonté d’émancipation des populations chrétiennes.

En 1875, le sultan contrôle encore l’essentiel des Balkans, même si cette domination est formelle, dans la partie nord, où la Serbie et la Roumanie ont gagné leur autonomie. Mais à partir de cette date, une série de crises, se nourrissant les unes les autres, bouleverse la carte de la région.

La première est provoquée par des révoltes contre les impôts ottomans. La répression turque, très brutale, indigne l’Europe mais celle-ci, divisée, ne peut imposer de concessions au sultan.

Tirant prétexte de cette impuissance, le tsar déclare la guerre à la Turquie et les troupes russes parviennent rapidement aux portes de Constantinople.

Dans un premier traité, signé à San Stefano au mois de mars 1878, le tsar impose au sultan la création d’une grande Bulgarie autonome qui occupe tout l’espace central des Balkans. Mais ce nouvel État, largement sous influence russe, fait obstacle aux ambitions territoriales serbes et autrichiennes et constitue, aux yeux de Londres, une menace sur les Détroits.

Devant le risque d’un embrasement généralisé, Bismarck obtient la réunion d’un Congrès à Berlin en juin 1878.

Le Congrès de Berlin confirme plusieurs dispositions du traité de San Stefano : les indépendances de la Serbie, de la Roumanie, du Monténégro et le passage sous administration autrichienne de la Bosnie-Herzégovine et du Sandjak de Novi Pazar. En revanche, la grande Bulgarie est réduite, elle perd la région de la Thrace qui revient au sultan, et elle est éclatée en deux entités : la Bulgarie autonome et la principauté de Roumélie.

La Grèce, pour sa part, se voit promettre la Thessalie.

La situation issue du Congrès de Berlin n’est pas stable. Ce demi-démantèlement de la partie européenne de l’empire ottoman a aiguisé les appétits nationaux des peuples balkaniques sans en satisfaire aucun ; et le recul que le tsar a été contraint d’accepter dans l’affaire Bulgare a encore accentué la rivalité entre la Russie et l’Autriche-Hongrie.

En 1908, L’Autriche-Hongrie décide l’annexion de la Bosnie-Herzégovine. Ce coup de force provoque l’indignation des Serbes et des Russes mais le tsar, non soutenu par ses alliés, la France et l’Angleterre, doit accepter le fait accompli.

Profitant de cette nouvelle crise, la Crête obtient son rattachement à la Grèce, tandis que la Bulgarie fait reconnaître son indépendance.

Dans les années qui suivent, la diplomatie russe cherche à reprendre la main et encourage l’entente entre les États des Balkans.

Au début de l’année 1912, Serbes, Bulgares, Grecs et Monténégrins s’allient pour attaquer la Turquie ; celle-ci est rapidement vaincue et doit abandonner la quasi-totalité de ses possessions sur le continent européen.

Pour autant, l’enchevêtrement des populations rend difficile le partage des dépouilles. Mécontente des arbitrages qui se dessinent touchant au découpage de la Macédoine, la Bulgarie déclenche une nouvelle guerre contre ses alliés de la veille mais est rapidement battue.

Le traité de Bucarest, signé le 10 août 1913, fixe un nouveau découpage des Balkans :

- Le grand vainqueur est la Serbie. Elle obtient la plus grande partie de la Macédoine et a une frontière commune avec le pays-frère qu’est le Monténégro. Par contre, l’Autriche-Hongrie parvient à imposer l’indépendance de l’Albanie, privant ainsi les Serbes d’un accès à la mer.

- La Grèce s’agrandit de l’Épire, de la Macédoine du Sud et de la plus grande partie des îles de la mer Égée.

- La Bulgarie obtient une extension territoriale au sud avec un accès à la mer Égée, mais ceci reste très inférieur à ses ambitions et de plus, elle doit céder la Dobroudja du Sud à la Roumanie.

- La Turquie récupère une petite partie des territoires abandonnés l’année précédente.

Cette dernière crise a encore exacerbé la rivalité entre les grandes puissances, en particulier entre la Russie, protectrice des Serbes, et l’Autriche-Hongrie qui soutient les Bulgares.

L’année suivante, cette rivalité provoquera l’éclatement de la 1ère Guerre mondiale.